samedi 26 mai 2012

A la vie à la mort, de Henri Courtade : un roman policier humain et bien pensé


Me voilà aujourd’hui pour vous parler de « A la vie à la mort », le troisième roman de Henri Courtade. Après « Loup y es-tu ? » pour lequel j’ai eu un coup de cœur en 2011 et « Lady R » qui est dans ma Pile à Lire, je n’ai pas résisté à la tentation et à la curiosité : bien que peu familière de polar, j’ai tenté l’aventure avec « A la vie à la mort » paru chez Lucane, une petite et toute nouvelle maison d’édition.

Résumé

Dans ce roman, l’auteur met en scène quatre amis d’enfance : François le médecin de campagne, Jérôme le fermier, Yvan le neurochirurgien, et Pierre le policier. Ce dernier se trouve confronté à une série de meurtres de la part d’un individu se considérant vraisemblablement comme un justicier : il vise de « mauvais individus », tels qu’un PDG ou un avocat véreux. Tandis que la population se prend d’affection pour ce drôle de tueur, Pierre mène l’enquête tant bien que mal. Chacun des quatre amis vit cette enquête à sa manière, entre Paris et les Pyrénées. Jusqu’où iront-ils les uns pour les autres ?

Mon avis général

J’ai été peu à peu happée par ce récit qui est bien plus qu’un roman policier. En adoptant alternativement le point de vue de chacun des quatre amis, Henri Courtade nous dévoile leur personnalité, leur vie quotidienne, leurs réactions face à l’actualité. Et finalement, j’ai été assez bluffée par la conclusion du roman, avec un épilogue qui a une résonnance très actuelle, un ton révolutionnaire. J’ai simplement regretté que le roman ne soit pas un peu plus étoffé (236 pages, c’est trop court !), on aimerait creuser un peu plus, apprendre à connaître encore un peu mieux les personnages.

Entre roman policier et roman social

Tout au long du roman, la vie quotidienne des quatre personnages se mêle à l’enquête. Ce roman a ainsi un aspect « terroir » : on part à la découverte des Pyrénées et de la vie rurale, avec ses charmes et ses difficultés. A l’autre bout du spectre, la vie parisienne menée par Pierre et Yvan, tout aussi intéressante. Mais ce qui m’a frappée, c’est la manière dont l’actualité économique et la crise financière s’insèrent dans ce récit, dont elles sont pratiquement l’un des personnages. Henri Courtade nous invite à réfléchir sur le capitalisme débridé et les absurdités sociales qu’il engendre.

Ainsi, pendant une bonne part du roman, l’enquête reste assez discrète, elle sous-tend la vie des quatre personnages, comme un fil rouge. Mais finalement, lors d’une randonnée apocalyptique, on se retrouve en plein polar : la tension monte, inexorablement, et les pages se tournent de plus en plus vite. Jusqu’à la double révélation finale, frappante grâce à un suspense bien ménagé tout au long de l’histoire.

Les personnages

Le personnage de Pierre est celui qui m’a le plus plu dans ce roman. Dépassé par cette série de meurtres impeccablement exécutés, désarçonné par son jeune collègue qui raisonne différemment de lui, il est assez touchant. Leur décalage générationnel est parfois assez cocasse dans le roman. Pierre est également attachant par sa nostalgie, alors que ses enfants s’apprêtent à quitter le nid.

Les autres personnages ont également leur intérêt. Avec François, le médecin, l’auteur aborde la vieillesse et le déclin de l’être humain. Avec Jérôme, il évoque les problèmes de la ruralité. Enfin, avec Yvan, il s’intéresse au mal-être d’un fils de paysan qui a toujours eu honte de sa condition et qui cherche à prouver sa valeur.

Ce dernier est néanmoins le personnage qui m’a le moins touchée, je l’ai trouvé légèrement caricatural. Même si, dans le fonds, on comprend qu’il est plus complexe qu’il n’en a l’air. Globalement, je dirais que ce roman est plutôt masculin et viril, il y a peu de place pour la gent féminine rarement présentée sous un jour favorable. N’étant pas une obsessionnelle de la parité, je pardonne néanmoins pour cette fois, d’autant plus que leur amitié est belle.

L’écriture

J’ai retrouvé dans ce roman le style d’écriture qui m’avait séduite dans « Loup y es-tu » en plus affirmé, plus précis. Une alternance de belles phrases bien balancées et d’autres plus efficaces, une pointe d’humour bien placé, voici les ingrédients principaux. J’ai notamment apprécié les descriptions de paysages. Lors de la randonnée, l’écriture se fait particulièrement visuelle, j’avais la sensation de voir les images défiler devant mes yeux. Finalement, le ton se fait révolutionnaire dans l’épilogue, qui m’a littéralement emportée (extrait garanti sans spoiler) :

« Personne ne pourra plusieurs nous arrêter, nous sommes Légion, je te dis. Légion à avoir perdu […] la santé, l’honneur, la dignité, un emploi, un mariage, peu importent les raisons. Nous sommes innombrables, et nul puissant ne sera plus jamais à l’abri de notre vindicte. Alors, tous ces cyniques trembleront dans leurs fauteuils, derrière les hublots de leurs jets privés, sur leurs yachts au large d’îles paradisiaques. »

En quelques mots

J’ai été un peu longue, c’est l’enthousiasme qui parle ! Pour conclure, je dirais donc simplement qu’il s’agit-là d’un roman policier particulièrement humain, une belle histoire d’amitié pleine de messages, avec un suspense haletant dans la dernière partie du roman. En cela, il pourra également plaire aux « non-initiés » du polar, tels que moi. Sans oublier une dimension révolutionnaire qui m’a réellement touchée. Et Henri Courtade poursuit son chemin, il prouve son talent d’écriture dans des genres diversifiés et s’annonce comme l’un des jeunes auteurs français les plus prometteurs.

Note : 4,5/5
Stellabloggeuse
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« On frappa à la porte. Elle s’ouvrit et Johan entra. Lieutenant stagiaire fraîchement émoulu de l’école de police, c’était un garçon enthousiaste et volontaire, mais qui présentait, selon Pierre, les défauts de la jeunesse d’aujourd'hui : sans illusion, tant sur son avenir professionnel que sur le monde du travail lui-même, profitant de l’instant présent, laissant à ses supérieurs le soin de penser à une retraite qu’il ne toucherait jamais, et cherchant ses infos dans Google plutôt que dans les archives du commissariat. »

« Pierre songea à un roman de Marcel Pagnol qu’il avait lu enfant. Un des personnages disait en substance qu’amasser de l’argent ne sert à rien, « on n’a qu’un trou du cul ». Une expression imagée, mais si juste. Le meurtrier avait simplement rajouté un second trou de balle entre les deux yeux de Maître Dupreux, peut être afin de lui offrir un conduit d’évacuation  supplémentaire pour la merde qu’il avait dans le crâne, ne put s’empêcher d’ironiser Pierre intérieurement. »

jeudi 24 mai 2012

Irrésistible alchimie, de Simone Elkeles : une histoire d’amour délicieusement irrésistible


En ces temps de dur labeur (un mémoire de master 2 qui touche à sa fin), j’ai ressenti le besoin de prendre quelques vacances intellectuelles ! Cela passait notamment par la lecture d’un roman qui se passerait dans le monde réel, et qui m’apporterait un bon moment de détente. Pour cette rude mission, l’heureux élu fut « Irrésistible alchimie » de Simone Elkeles, offert par ma chère Cajou au début de l’année, et j’en profite pour la remercier une fois encore.

Résumé

Dans ce roman, Simone Elkeles met en scène deux adolescents de terminale, Brittany et Alejandro. A priori, tout les sépare. Brittany vient des quartiers riches de la ville et s’efforce de donner d’elle-même l’image la plus parfaite possible. De son côté, Alex vit dans les quartiers pauvres de la ville et est embrigadé dans un gang latino-américain, cultivant son image de dur à cuire. Mais à l’occasion d’une collaboration forcée en cours de chimie, ils se rendent compte, tous deux, que l’autre cache des failles. Des failles qui pourraient les rapprocher.

Avis général

C’est un roman qui remplit tout à fait sa tâche : celle de détendre et de faire rêver. Certes, le récit comporte quelques clichés et est clairement destiné à la jeunesse dans le ton utilisé. Mais la magie opère néanmoins, et j’ai volontiers laissé mon instinct de midinette refaire surface !

Les personnages

Les deux personnages principaux du roman, Alex et Brittany, tiennent le roman sur leurs épaules. C’est grâce à ces personnages attachants que la magie de cette histoire opère. Alex et Brittany s’expriment alternativement lors de chaque chapitre, à la première personne. Cela permet d’entrer dans leur psychologie, de savoir qui ils sont intimement, au-delà de l’image qu’ils donnent.

Dès le départ, le lecteur comprend que ces personnages sont plus profonds qu’ils n’en ont l’air. Brittany étouffe dans le rôle de jeune fille parfaite que ses parents lui imposent. Elle rêve d’une vie plus vraie, qui lui corresponde réellement. Quant à Alex, on le découvre attaché à sa famille et désireux de réussir sa vie, si seulement il pouvait en avoir la moindre petite chance.

Les personnages secondaires ont également leur importance, même s'ils sont parfois un peu caricaturaux (disons qu'il y a clairement les "gentils" et les "méchants"). Il y en a certain que le lecteur adore détester, tels que les parents de Brittany qui ne pensent qu’à l’image qu’ils renvoient aux yeux de la société, ou son petit ami Colin qui ne la respecte pas vraiment. Il y en a d’autres très attachants tels que Shelley, la sœur de Brittany, ou les amis d’Alex, Isabel et Paco, ainsi que le professeur de chimie, Mrs P., qui savent tous voir au-delà des apparences.

L’intrigue : dans la tourmente des gangs

L’histoire tourne en grande partie autour de l’appartenance d’Alex à un gang, ce qui lui fait courir, ainsi qu’à Brittany, un certain nombre de dangers. M’étant rapidement attachée aux personnages, je me suis beaucoup inquiétée pour eux, j’espérais que tout finirait bien. Au moment où Alex fait son choix, celui qui déterminera toute sa vie, je dois dire que j’ai eu du mal à retenir quelques petites larmes…

Néanmoins, j’ai trouvé la manière dont se termine l’histoire un peu trop superficielle, mais surtout « too much » et donc peu crédible, contrairement au reste de l’intrigue.

L’histoire d’amour : entre intensité et innocence

Cette histoire d’amour, au-delà des clichés déjà évoqués et quasiment inévitables, est intéressante et empreinte d'une certaine sensualité. Les deux personnages étant pris entre leurs désirs et leur image, ils oscillent entre diverses attitudes. Il y a beaucoup d’innocence et de tendresse entre eux, mais aussi une attraction quasiment animale qui bouleverse leur sens. Un cocktail explosif !

Brittany est touchante de vulnérabilité, même si elle sait jouer de ses atouts. Quant à Alex, il est difficile de ne pas l’aimer : il a beau se comporter parfois comme un rustre, on voit immédiatement que c’est un garçon bien. Je n’ai pas été très touchée par le côté « viril » mis en évidence par l’auteur, mais j’ai apprécié son instinct protecteur. Leur romance est belle, et j'ai espéré très fort qu'elle puisse triompher des obstacles.

L’écriture

L’écriture de Simone Elkeles est au service de son histoire : directe, efficace, adaptée au public visé par le roman sans tomber dans le registre familier. J’ai particulièrement aimé les dialogues, assez vifs, faisant bien ressortir la personnalité des divers protagonistes. En revanche, Alex utilise beaucoup de mots espagnols lorsqu'il s'exprime, et on aimerait parfois une petite étoile avec une traduction (enfin, je sors mon dictionnaire bien volontier pour Alex).

En quelques mots…

En résumé, je dirais qu’il s’agit d’un très bon roman de détente, apte à plaire aux adolescentes mais aussi aux jeunes adultes qui ont gardé leur cœur de midinette. Grâce à des personnages très attachants, bien servis par l'alternance des points de vue, on oublie vite l'aspect un peu caricatural. Simone Elkeles réussit à toucher le lecteur, et l’alchimie opère…

Note : 4/5
Stellabloggeuse
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Ce roman fait partie des challenges :

Baby Challenge Jeunesse 2012 : 9/20

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« -Je mets les points sur les i, c’est tout. Tu es un gars intelligent, Alex, réfléchis. Peu importe à quel point tu la désires, elle n’appartient pas à notre milieu. Un triangle ne rentre pas dans un carré. A présent, je me tais.
-Gracias.
J’évite d’ajouter que si le carré est assez grand, un petit triangle peut parfaitement rentrer dedans. Il faut juste procéder à quelques ajustements. Mais je suis trop saoul et défoncé pour expliquer ça maintenant. »

« J’ignore les regards ahuris des élèves de Fairfield originaires de mon quartier. Alex me serre contre lui et nous évoluons comme un seul corps sur la musique. Il y a une telle harmonie entre nous qu’on nous croirait en couple depuis toujours. Pour la première fois, je n’ai pas peur de ce que les autres pensent. […] Je sens les mains d’Alex sur mes hanches et cela me paraît naturel d’être là avec lui. Il a du apprécier que je l’appelle mon petit ami et ça m’a fait du bien de le dire à voix haute. Dos à lui, je me serre contre sa poitrine et ferme les yeux, laissant nos corps fusionner avec la musique. »

mardi 22 mai 2012

Séraphine, de Marie Desplechin : une immersion dans le quotidien des habitants de la Butte Montmartre après la Commune


Après avoir lu et aimé « Verte » lorsque j’étais un peu plus jeune, j’ai eu envie de retrouver Marie Desplechin avec un autre roman. Mon choix s’est porté sur Séraphine, un roman historique qui m’a été conseillé par plusieurs personnes de confiance.

Résumé

Dans ce roman, l’auteur met donc en scène une jeune fille du nom de Séraphine, qui vient de fêter ses treize ans, treize ans après la Commune. Orpheline depuis sa naissance, le père Sarrault l’a prise sous son aile. Il l’a placée chez Jeanne, une couturière travailleuse et austère qui vit sur la Butte Montmartre, tout en continuant à veiller sur elle. Sa tante, Charlotte, lui rend également visite de temps en temps. Séraphine coud aux côtés de Jeanne, mais, un brin révolutionnaire elle rêve de changer de vie.

Avis général

J’ai apprécié ce roman historique. Adapté à la jeunesse, il peut aussi être lu avec plaisir par les plus grands. Les éléments historiques sont bien présents, sans que le récit ne devienne un cours d’histoire. Ils sont distillés à bon escient dans le récit. Les enfants s’attacheront davantage aux personnages, tandis que les plus grands pourront s’attarder sur les petits détails.

La Butte Montmartre, 13 ans après la Commune de 1871

Marie Desplechin nous plonge véritablement dans l’ambiance de la Butte Montmartre, nous faisant partager le quotidien de ses habitants. Il s’agit alors d’un quartier populaire, qui s’est soulevé contre l’Etat lors de la Commune. Il en subit les conséquences, et la basilique du Sacre-Cœur est en train d’y être bâtie pour marquer la défaite des parisiens. La Butte accueille de plus en plus de cabarets, devenant un lieu de détente pour bourgeois, tandis qu’à quelques pas, des gens modestes travaillent dur pour gagner peu. Il s’agit ainsi d’un véritable roman social.

Séraphine découvre au fur et à mesure les évènements de la Commune, et l’impact que cet évènement a eu sur sa famille. Cela permet au lecteur de rencontrer quelques grandes figures de l’époque, telles que Louise Michel, et d’assister à la naissance du courant anarchiste à Paris.

Les personnages

Ce qui fait aussi le charme de ce roman, c’est la galerie de personnages attachants créée par Marie Desplechin. Séraphine est une petite fille courageuse et intelligente, qui chercher à comprendre le monde qui l’entoure. Mais c’est surtout une idéaliste, qui espère pouvoir changer le monde. Elle est accompagnée par Sainte Rita, la patronne des causes désespérées, mais elle est surtout portée par une forte volonté.

Autour d’elle gravitent des personnages hauts en couleur : Charlotte la fille de joie, Raoul le peintre, Jean qui travaille aux abattoirs, Mistigri, petit garçon affreusement sale qu’elle prend en affection, Jeanne qui est quelqu’un de complexe sous ses airs bourrus. Tous ces personnages très différents sont unis autour de leur amie commune, Séraphine. Et cela fait chaud au cœur, même si on aime bien les voir s’asticoter.

En quelques mots…

C’est donc un roman historique bien documenté et bien écrit, capable de satisfaire les lecteurs de tout âge, s’ils sont curieux de la manière dont on vivait sur la Butte à la fin du XIXe siècle et s’ils ont une âme de révolutionnaire.

Note : 3/5

Stellabloggeuse
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Ce roman fait partie du challenge :

Challenge ABC 2012 : 15/26

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« Jeanne n’était pas ma tante, Jeanne n’était pas gentille tous les jours. Mais c’est cette femme-là qui me donnait à manger depuis que j’avais appris à marcher. C’est elle qui reprenait les robes et façonnais les paletots que je portais. […]
-Je me moque bien que tu m’aimes, me lançait-elle quand elle voyait que j’étais fâchée contre elle.
Aussi, souvent, je ne savais pas si je l’aimais. Mais l’amour n’avait pas d’importance. Je lui devais la reconnaissance des bêtes. Je n’allais pas la laisser œuvrer pendant que je bayais par la fenêtre en me tournant les pouces. »

samedi 19 mai 2012

Cuisine et correspondance, d’Andrea Israel et Nancy Garfinkel : une amitié en 82 recettes

[Fleuve Noir, 2011]

Voilà un roman qui me tentait depuis un bon moment, après l’avoir découvert sur le blog d’Isabelle Passions l’année dernière. J’ai tout de suite été séduite par le concept de mélanger littérature et recettes de cuisine. Vous ne le savez sans doute pas encore, mais j’aime beaucoup cuisiner, même si je suis encore une débutante ! J’ai donc attaqué ce roman avec appétit ! (d’accord, elle était facile…)

Résumé

Dans ce roman, les deux auteurs mettent donc en scène deux amies d’enfance, Lilly et Valérie. Les deux premières parties du roman sont épistolaires : la première partie se passe en 2000 et les deux amis tentent de renouer par mails après plusieurs décennies de silence. La seconde partie se déroule dans les années 1960-1970, elle est constituée des lettres que s’envoyaient alors les deux amies pour leur très privé Club des recettes. A chaque lettre est jointe une recette de cuisine, en rapport avec leurs états d’âme. Enfin, la troisième partie se présente sous forme de récit et narre les retrouvailles « en chair et en os » des deux anciennes amies. Parviendront-elles à reprendre le fil de leur amitié malgré les secrets et les rancœurs ?

Avis général

C’est un roman très agréable à lire par son originalité. J’ai beaucoup apprécié la forme épistolaire, qui permet de voir les choses selon le point de vue de chacun des personnages. Cela préserve aussi un certain mystère, on ne sait pas absolument tout ce qui se passe, on doit parfois deviner. Et j’ai vraiment adoré l’idée des recettes, qui sont adaptées à l’âge et au vécu des deux filles. J’en ai noté un certain nombre et je compte les essayer un de ces jours, je vous raconterai (peut-être, si c’est réussi^^). Mon seul regret, c'est une fin un peu trop "facile" à mon goût.

Les personnages

L’histoire repose donc sur les deux personnages, Valérie et Lilly. Je me suis tout de suite sentie proche de Valérie : c’est une fille qui veut bien faire, passionnée par les études, mais surtout désireuse d’amour et ne sachant pas bien comment l’obtenir. Son manque de confiance en elle est assez touchant.

J’ai eu un peu plus de mal avec Lilly, qui est plutôt une fille extravertie, délurée et indépendante. Elle rejette parfois Valérie, pour ensuite se réfugier auprès d’elle lorsqu’elle ne va pas bien. Néanmoins, on comprend peu à peu les origines du malaise entre les deux filles, et j’ai fini par ressentir de la compassion pour Lilly.

Une belle amitié

Leur amitié est touchante, car elle n’est pas facile et résiste à bien des obstacles. Les deux filles sont très différentes et sont rarement d’accord. Mais elles s’aiment, malgré leurs défauts, et elles parviennent toujours à se retrouver, généralement soudées lors des moments difficiles. On peut presque toucher du doigt cette amitié, cette tendresse, grâce à l’écriture des deux auteurs : elles ont extrêmement bien réussi à retranscrire ces petites phrases que l’on échange entre meilleurs amies, ces expressions qui n’appartiennent qu’à elles. Notamment les petits surnoms qu’elles peuvent se donner, ou les petites piques pleines de complicité.

Des histoires de famille

Le contexte familial des deux amies prend beaucoup de place dans leurs échanges épistolaires. Sans en dire trop, elles ont toutes les deux des situations familiales compliquées, qui ne font qu’empirer au fil des ans. Il était assez intéressant pour moi d’entrer dans la psychologie de ces familles, de les regarder fonctionner en tant qu’observateur extérieur.

La vie, tout simplement

J’ai particulièrement aimé le fait que l’on suive les deux amies durant plusieurs décennies. On les voit ainsi traverser l’adolescence et leurs préoccupations, puis aller à l’université et se chercher une place dans la vie. On les retrouve enfin à plus de quarante ans, découvrant la manière dont elles se sont accomplies. J’ai apprécié de pouvoir suivre ainsi ces personnages

En quelques mots

C’est un joli roman sur l’amitié que nous livrent Andrea Israel et Nancy Garfinkel. La forme épistolaire permet de pénétrer au cœur de leur complicité, tandis que les recettes de cuisine apportent une touche d’originalité et s’insèrent parfaitement dans le récit. A consommer sans modération !

Note : 4/5
Stellabloggeuse
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Ce roman fait partie des challenges :

Challenge ABC 2012 : 14/26
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« La seule façon dont je m’explique ce qui est arrivé entre nous, c’est de croire que nous avions peut-être besoin de cette terrible dispute. Peut-être nos âmes d’enfant étaient-elle si proches que nous devions nous séparer pour mieux nous inventer en tant qu’adultes. »

« Mais sache la chose suivante : même si nous sommes mal assorties, toujours en désaccord et éternellement en train de nous rendre folles, notre amitié m’a faite ce que je suis. Espèce de folle, tu me touches comme une sœur que je n’ai jamais eue. Amicalement, toujours, même en silence.»

mercredi 16 mai 2012

Challenge Livra'deux pour pal'Addict

Cette semaine, j'ai succombé pour un tout petit challenge, mais au concept bien sympa qui nous est proposé par Galleane sur Livraddict : le challenge Livra'deux pour pal' Addict !


  Qu'est-ce que c'est ?

C'est un challenge inspiré de ce que font déjà deux membres de la team Livraddict, Jess et Iwry. Le principe : en binôme, chacun choisi dans la Pile A Lire de l'autre, trois livres, qu'il a lu et aimerait faire découvrir à son partenaire, dont il aimerait avoir l'avis d'un ami ou pour une tout autre raison. Sur ces trois livres, vous en choisissez un et dans un délai imparti, vous devez le lire et en faire un avis.

La marche à suivre si vous voulez vous inscrire :
 
Vous devez vous inscrire à deux, deux possibilités s'offrent à vous:
1. Vous vous mettez d'accord avec un ami et c'est tout bon
2. Ou vous vous mettez sur une liste de tirage au sort qui déterminera votre collègue de challenge

Ensuite, il suffit de poster un messages sur Livraddict sur le sujet dédié au challenge (par ici). Pour faire valider votre participation, il faudra néanmoins réaliser un article sur votre blog, dans lequel vous mettrez la marche à suivre, les trois livres choisis par votre binôme et celui que finalement vous lirez.
Les inscriptions commencent le 5 mai, et se clôturent le 20 mai à 12h00.
Vous avez jusqu'au 25 mai pour choisir votre lecture finale. Le livre sera lu entre le 25 mai et le 15 juillet, avec publication d'un billet. Les liens des différents billets seront recueillis et rassemblés d'ici le 30 juillet. 


Ma participation

J'ai demandé à Floly si elle voulait s'inscrire à ce challenge avec moi, et à ma grande joie elle a accepté !

Dans sa Pile à Lire, j'ai donc choisi trois romans :

-16 lunes de Kami Garcia, parce qu'il est aussi dans ma PAL et que je voudrais avoir son avis
-Promise d'Allie Condie, parce qu'il me fait très envie
-Le passé continu de Neel Mukherjee, parce que j'avais aimé ce roman très particulier et que je suis curieuse d'avoir son ressenti

Et Floly a chois de lire "16 lunes" de Kami Garcia


Et dans ma PAL, Floly a choisi :

-Côté face, d'Anne Denier
-Ellana, tome 1, de Pierre Bottero
-La seconde vie de Bree Tanner, de Stephenie Meyer

Parmi eux, j'ai finalement retenu "Côté face" d'Anne Denier, que je me réjouis de lire ! Mais je sais que je lirai aussi Ellana très prochainement ;)


Rendez-vous dans quelques semaines pour nos avis !
  
Stellabloggeuse

samedi 12 mai 2012

Hunger Games, tome 2 : L’embrasement : palpitant, addictif, révoltant…une réussite !

[Pocket Jeunesse, 2010]


* Attention, il s’agit du second tome d’une saga : présence de spoilers sur le tome précédent *

Me revoilà, une poignée de semaines plus tard, avec la suite de la saga dystopique de Suzanne Collins, Hunger Games. Et comme pour le premier tome (mon avis ici), j’ai eu le plaisir de réaliser cette lecture en groupe, avec des camarades de Livraddict ! Je les remercie tous pour leur participation enthousiaste à cette lecture commune.

Résumé

Dans ce second tome, nous retrouvons Katniss quelques mois après sa victoire dans les Hunger Games. Elle a retrouvé en partie sa vie d’avant, avec ses parties de chasse et ses dimanches passés avec Gale. Mais beaucoup de choses ont changé, y compris avec son vieil ami. Quant à Peeta, elle l’évite tant qu’elle le peut. Pourtant, la Tournée de la Victoire approche, et Katniss va devoir convaincre une fois de plus le Capitole de son amour pour Peeta. Car un vent de révolte souffle sur les districts et que le Président Snow demande à Katniss, menaces à l’appui, de se montrer soumise à l’ordre établi.

Avis général

Après un premier tome haletant, je craignais que le suspense ne retombe dans cette suite, je pensais qu’avec la fin des Jeux mon intérêt allait retomber. Grossière erreur ! J’ai été happée par ce tome deux encore plus rapidement, et je l’ai trouvé tout à fait à la hauteur de son prédécesseur.

L’intrigue : un peu moins d’action, un peu plus de tactique

Ce tome deux est moins basé sur l’action que son prédécesseur, les Jeux prennent moins de place et l’auteur se concentre davantage sur les réflexions de Katniss face au vent de révolte qu’elle observe dans les districts. Elle se retrouve face à des choix difficiles, elle réfléchit davantage à la manière dont le Capitole exerce son pouvoir et au monde dans lequel elle vit. J’ai apprécié cet aspect un peu plus psychologique, et la tension que l’on ressent dès le départ : la menace est omniprésente, le lecteur n’est pas tranquille.

J’ai également beaucoup apprécié toutes les idées trouvées par Suzanne Collins pour relancer l’intrigue et la faire avancer : les évènements qu’elle fait intervenir, les nouveaux personnages introduits. Tout cela rend ce tome très intéressant. Sans parler de la fin, qui donne envie de se ruer immédiatement sur le tome 3 !! (que je n’ai, à mon grand désespoir, pas encore sous la main…).

L’aspect dystopique plus poussé

Dans « L’Embrasement », on franchit un cap dans la violence et la contrainte. Le Capitole montre un peu de quoi il est capable, y compris vis-à-vis de ses propres citoyens ou employés. On partage largement le sentiment d’horreur de Katniss qui découvre peu à peu que le Capitole est prêt à tout pour garder les districts sous son contrôle.

Les personnages

Les personnages restent fidèles à eux-mêmes. On découvre un peu plus Haymitch et Gale, et tous deux sont intéressants. Gale est un personnage intense, extrêmement révolté (vous l’aurez compris, bien que je reste fidèle à Peeta, je suis sensible au charme de ce jeune homme), tandis qu’Haymitch se révèle bien plus complexe qu’on ne l’imaginait. Peeta demeure un modèle de générosité et d’oubli de soi, on ne peut que l’aimer.

Quant à Katniss, je l’apprécie plus qu’avant. Elle a toujours des défauts, mais elle évolue dans le bon sens, elle commence à placer la survie des autres avant la sienne propre. Néanmoins, j’ai regretté qu’elle n’embrasse la cause de la révolte que lorsqu’elle n’a plus eu le choix. Mais on comprend en tout cas de mieux en mieux pourquoi elle repousse farouchement toute forme de sentiment vis-à-vis de Peeta ou de Gale :

« N’est-ce pas précisément ce que je redoutais le plus à propos du mariage, de l’avenir – perdre mes enfants dans les Jeux ? Ça pourrait être vrai, d’ailleurs. Si je n’avais pas passé ma vie à bâtir mes défenses jusqu’à ce que la simple suggestion du mariage ou d’une famille me fasse frémir d’horreur. »

Enfin, Suzanne Collins introduit de nouveaux personnages hauts en couleur et intéressants en la personne des anciens vainqueurs des Jeux. Même si on aimerait parfois être dans leur tête pour avoir leur vision des choses, sans toujours se contenter de celle de Katniss.

En quelques mots…

J’ai déjà été un peu longue, je ne vois pas l’utilité d’en dire plus : ce tome est tout aussi palpitant que le précédent, les personnages attachants, l’écriture efficace. Ce tome est à la hauteur du précédent et mérite donc le même coup de cœur. Je n’ai qu’une hâte : connaître le fin mot de l’histoire !

Vous pouvez découvrir ici les avis de mes camarades de lecture : MiaAniouchkaJuliananyDex, Math-en-bookLux OxaStephanie-plaisir de lireEmmyCandyshy, _ananas_LivromaniacEmisa, Mademoiselle-SoleilMyiuki22MelisendeFlof13SoleinyaQuaidesamoureuxPierre56, ClnNelly17LaetiChOùuxx    

Note : 5/5 (Coup de cœur)
Stellabloggeuse
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« Oui, dans tous les districts les gens regarderont comment j’affronte cette sentence de mort, cette ultime démonstration de force du président Snow. Ils chercheront un signe que leurs combats n’ont pas été vains. Si je peux défier le Capitole jusqu’au bout, je mourrai…mais mon esprit survivra. Quelle meilleure manière de rendre espoir aux rebelles ? Le plus beau, dans tout ça, c’est que ma décision de protéger Peeta au prix de ma propre vie constitue en soi un geste de défi. […] Et si je parviens à sauver Peeta…en termes de révolution, ce serait l’idéal. Parce que je serais plus utile morte. On ferait de moi une martyre, on peindrait mon portrait sur des bannières, et ce serait beaucoup plus fédérateur que tout ce que j’aurais jamais pu accomplir. […] Peeta deviendrait fou s’il m’entendait parler ainsi. Je me contente donc de lui demander :
-Que veux-tu faire maintenant, en attendant les Jeux ?
-J’aimerais passer avec toi chaque minute du reste de ma vie, répond-il. »

jeudi 10 mai 2012

La fille de braises et de ronces, de Rae Carson : un premier tome réussi pour cette saga fantasy

[Robert Laffont, février 2012]

C’est l’histoire d’un livre qui a atterri mystérieusement dans la boite aux lettres de ma maman, adressé à mon nom, avec une simple feuille de présentation du roman. Un livre qui me faisait trèèèès envie, paru dans la récente et très alléchante Collection R de Robert Laffont. Je remercie donc mon mystérieux bienfaiteur! Cela a été en tout cas une excellente surprise, et une joie de pouvoir découvrir ce roman !

Résumé 

« La fille de braises et de ronces » est le premier roman de Rae Carson. Il s’agit également du premier volume d’une trilogie de fantasy. L’auteur met en scène Elisa, princesse du royaume d’Orovalle. Au creux de son nombril, Elisa porte une Pierre Sacrée, signe qu’elle a été désignée pour accomplir de grandes choses, la volonté du Destin. Mais jusqu’ici, Elisa a déçu les espérances placées en elles. Assidue à l’étude, mais très portée sur la nourriture, elle ne s’intéresse pas vraiment aux affaires du royaume. Sa vie change lorsque, âgée de 16 ans, elle est mariée au prince Alejandro de la Vega, de vingt ans son aîné, en contrepartie d’une alliance militaire avec le royaume de Joya d’Arena. Elisa va devoir trouver sa place à la cour de Brisadulce, mais surtout, partir en quête de sa destinée.

Avis général

J’ai aimé ce roman ! J’ai été perplexe au début du récit, j’avais l’impression que tout était écrit d’avance : qu’Elisa allait s’éprendre follement de son prince et tout faire pour le conquérir. Je m’attendais à une histoire se déroulant à la cour, faite de manigances et de stratégie. La suite m’a donné tort, et le roman a pris une direction à laquelle je ne m’attendais pas et qui m’a séduite. J’ai été embarquée dans cette histoire.

Un univers de soleil et d’aridité

La principale force de ce roman, c’est l’univers mis en place par l’auteur. On comprend très vite que l’on va évoluer dans un monde de soleil, de chaleur, avec des noms aux consonances espagnoles. Rae Carson réussit très bien à donner vie à ce décor, à décrire la chaleur, les paysages, la lumière. On a presque l’impression de sentir les rayons brûler notre peau !

Quant à l’aspect « fantasy » de cet univers, il est très bien fait également. On est à mi-chemin entre un monde « normal » et un monde magique : les éléments magiques s’intègrent très bien au cadre traditionnel d’une société médiévale. Les descriptions des châteaux et de la vie de cour apportent un petit côté « roman historique ». Tous ces ingrédients, savamment dosés, donnent un univers crédible, dans lequel le lecteur se plaît à évoluer. 

Une intrigue guerrière

De manière très classique, nous sommes en présence de royaumes de lumière et de soleil, en guerre contre une puissance du froid et de l’hiver, le bien et le mal. Néanmoins, le cliché s’arrête-là. Car cet affrontement est mené d'une manière qui m'a semblée originale, avec l’intervention de la magie et des trouvailles très intéressantes de la part de l’auteur. J’ai apprécié les tactiques guerrières assez audacieuses mises en place et j’ai trouvé que, pour une fois, les obstacles ne sont pas franchis de manière trop simple.

Au-delà de cet affrontement guerrier, il y a aussi dans ce roman un affrontement à dimension religieuse : différentes forces luttent autour de la Pierre Sacrée, les interprétations du dogme s’affrontent et les prêtres eux-mêmes ont des difficultés à interpréter les volontés du Destin. J’ai bien aimé cette dimension mystique, même si elle est un peu trop présente à mon goût.

Les personnages

Il me faut enfin évoquer les personnages du roman. Rae Carson a créé des personnages secondaires très intéressants. Il y a Cosmé, la jeune camériste mesquine et méprisante au premier abord, mais qui est bien plus complexe que cela et qui a beaucoup souffert. Il y a aussi le chevalier Hector, modèle et loyauté et d’intelligence militaire, qui reste digne et agit de la bonne manière en toute circonstance, même s’il laisse parfois deviner ses sentiments. Il y a le prince Alejandro, qui voudrait être un bon roi mais qui se laisse dominer par la peur, à la différence de son fils Rosario, un petit garçon qui n’a pas froid aux yeux ! Sans oublier Humberto, dont on ne sait pas grand-chose mais dont la gentillesse ne peut que nous conquérir.

Mais bien sûr, le personnage le plus abouti, c’est Elisa. Cette jeune fille part véritablement en quête d’elle-même dans ce roman. D’une jeune fille effacée, elle prend peu à peu l’étoffe d’une reine, courageuse et déterminée. C’est une fille normale qui apprend peu à peu à dépasser ses limites, et c’est toujours agréable de rencontrer ce genre de personnage. Elisa n’a pas choisi sa destinée, mais elle l’assume avec courage et avec les moyens dont elle dispose.

Néanmoins, même si j’ai aimé tous ces personnages, j’ai eu un peu de mal à m’attacher véritablement à eux, il m’a manqué une petite étincelle. Je n’ai pas ressenti une grande émotion, même dans les moments de drame. Peut-être l’intrigue évolue-t-elle un tout petit peu trop vite, et peut-être que l’auteur reste un peu trop en surface concernant ses héros et leur personnalité (surtout en ce qu’il concerne Humberto).

En quelques mots…

En résumé, je dirais que « La fille de braises et de ronces » est un très bon roman de fantasy, qui m’a embarquée et qui m’a fait voyager. Je suis très curieuse de connaître la suite, voilà une saga que je vais surveiller de près ! Bien que ce soit le premier roman de Rae Carson, elle a déjà une plume très intéressante, et il ne lui manque à mon sens qu’un tout petit peu plus de profondeur dans les émotions.

Note : 4,5/5
Stellabloggeuse
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Ce roman fait partie du challenge :


Challenge 100 % R : 1ère lecture
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« Ces mots m’ouvrent les yeux ; je comprends pourquoi Homère a accepté sa blessure. Pourquoi il vaut mieux, beaucoup mieux, mourir en accomplissant son Acte de Bravoure plutôt que de ne rien accomplir du tout. Homère et Damiàn n’ont pas récolté les fruits de leur héroïsme, ce sont leurs descendants qui en ont bénéficié. Et c’est ce qui risque de m’arriver, à moi aussi. Mais cela n’a pas d’importance, en définitive, car la Pierre Sacrée dépasse ma petite personne ».

« Trouver l’honneur dans la mort est un mythe. Inventé par les va-t-en-guerre pour justifier l’horreur. Si nous devons mourir, c’est pour préserver la vie des autres. C’est la seule mort digne de louanges. »