jeudi 31 décembre 2015

En décembre 2015...

Avec tous les changements intervenus ces dernières semaines, je n'ai pas encore repris mon rythme de croisière, mais j'ai tout de même quelques chroniques à vous proposer

Ce mois-ci, j’ai donc lu et chroniqué :

Bien mais sans plus :

Les 100, tome 2, de Kass Morgan : Le 21e jour

    J'ai vraiment aimé :

Le livre des Baltimore, de Joel Dicker (3,5/5)
La gloire de mon père et le Château de ma mère, de Marcel Pagnol (3,5/5)
Les 100, tome 1, de Kass Morgan (3,5/5)
Le coeur cousu, de Carole Martinez (3,5/5)





 Les chouchous du mois :
   


      Les articles les plus consultés par les visiteurs :

La 5e vague, tome 2, de Rick Yancey : La mer infinie (213 vues)
Tous les héros s'appellent Phénix, de Nastasia Rugani (56 vues)
Mes 10 livres préférés en 2015 (43 vues)

  Le mois prochain je souhaite lire : 

-Une autre vie, de S.J. Watson
-The revolution of Ivy, d'Amy Engel
-A comme association, tome 5, d'Erik L'Homme

  En ce moment je lis :


Du nouveau dans ma bibliothèque :

The revolution of Ivy, d'Amy Engel 


   Les visites du mois :

1431 pages vues (blogger ne permet pas de dénombrer les visiteurs uniques). 

Je vous souhaite un excellent réveillon et vous donne rendez-vous tout début janvier pour le bilan annuel !

  Stellabloggeuse

mercredi 30 décembre 2015

Challenge New Pal 2016

Depuis 2014, j'ai adopté le challenge "New Pal" géré par Yukarie pour me motiver à lire les livres déjà présents dans ma bibliothèque, depuis plusieurs années pour certains.
En 2014, j'avais réussi à lire pratiquement la moitié de mes livres ! En 2015, j'ai raté de peu mon objectif de 25% (16 livres lus au lieu de 19) mais j'ai la satisfaction de voir ma Pile à Lire à 56, dont 12 ebook et 44 livres papiers. On progresse ! 


Je rempile donc pour un objectif de 25% en 2016, soit la médaille de bronze. Cela représente 14 livres.

Voici donc ma Pile à Lire accumulée en 2015 et durant les années précédentes :

1) Austen Jane : Northanger Abbey 
2) Baggott Julianna : Pure, tome 1
3) Barjavel René : Béni soit l'atome et autres nouvelles 
4) Barjavel René : Demain le paradis 
5) Barjavel René : Journal d'un homme simple 
6) Barjavel René : La Faim du tigre 
7) Barjavel René : La peau de César 
8) Barjavel René : La Tempête 
9) Barjavel René et Veer Olenka de : Les Dames à la licorne 
10) Barjavel René : Tarendol 
11) Blazon Nina : La Femme du vampire (ebook)
12) Bottero Pierre : L'autre, tome 1 : Le Souffle de la Hyène 
13) Bottero Pierre : L'autre, tome 2 : Le Maître des Tempêtes 
14) Bottero Pierre : L'autre, tome 3 : La Huitième porte 
15) Bottero Pierre : Le Pacte des Marchombres, tome 2 : Ellana : L'Envol. Mon avis 
16) Bottero Pierre : Le Pacte des Marchombres, tome 3 : Ellana : La Prophétie. Avis à venir
17) Bottero Pierre : Les Âmes croisées 
18) Boulle Pierre : La Planète des Singes 
19) Chandernagor Françoise : La Reine Oubliée, tome 1 : Les Enfants d'Alexandrie 
20) Chandernagor Françoise : La Reine Oubliée, tome 2 : Les Dames de Rome 
21) Colin Fabrice : La fin du monde 
22) Colin Fabrice : La malédiction d'Old Haven 
23) Colin Fabrice : Les enfants de la Lune 
24) Colin Fabrice : Projet oXatan. Mon avis 
25) Dashner James : L'épreuve, tome 2 : La terre brûlée (ebook)
26) Denier Anne : Côté Face, tome 2 : Noces de lune. Mon avis
27) Engel Amy : The Book of Ivy, tome 2 : The Revolution of Ivy. Mon avis 
28) Fombelle Timothée de : Vango, tome 1 : Entre ciel et terre. Mon avis 
29) Garcia Kami et Stohl Margaret : Chroniques des enchanteurs, tome 3 : 18 lunes (ebook)
30) Garcia Kami et Stohl Margaret : Chroniques des enchanteurs, tome 4 : 19 lunes (ebook) 
31) Gavalda Anna : Ensemble, c'est tout 
32) Gudule : La Bibliothécaire. Non chroniqué 
33) Harkness Deborah : Le Livre perdu des sortilèges, tome 1 
34) James P.D. : L'île des morts 
35) Jomain Sophie : Les étoiles de Noss Head, tome 3 : Accomplissement (ebook). Mon avis
36) Kennedy Douglas : L'homme qui voulait vivre sa vie 
37) Kennedy Douglas : Les charmes discrets de la vie conjugale 
38) L'Homme Erik : A comme Association, tome 5 : Là où les mots n'existent pas. Mon avis 
39) L'Homme Erik : A comme Association, tome 7 : Car nos coeurs sont hantés (ebook)
40) L'Homme Erik : A comme Association, tome 8 : Le regard brûlant des étoiles (ebook)
41) Lord Walter : La Nuit du Titanic. Mon avis
42) Massarotto Cyril : 100 pages blanches 
43) Mazetti Katarina : Le Caveau de famille 
44) Mazetti Katarina : Le Mec de la tombe d'à côté 
45) Mead Richelle : Bloodlines, tome 1 : Noire alchimie (ebook)
46) Myron Vicki et Witter Bret : Dewey 
47) Oliver Lauren : Delirium, tome 3 : Requiem (ebook) . Mon avis
48) Pulkkinen Rilkka : L'armoire des robes oubliées 
49) Ross Elizabeth : Belle Epoque (ebook)
50) See Lisa : Fleur de Neige
51) Sheehan Anna : Belle de glace
52) Stockett Kathryn : La Couleur des sentiments. Avis à venir
53) Tean Julia M. : Angela, tome 2 : Mortel Baiser (ebook)
54) Werber Bernard : Paradis sur mesure 
55) Winnacker Susanne : Imposteur, tome 1 (ebook). Mon avis
56) Winnacker Susanne : Imposteur, tome 2 : Déserteur (ebook)

Je ferai ici le suivi de l'avancée de mon challenge :

Livres lus : 13/56 (23%)
(MAJ le 26/08/16)

Stellabloggeuse

mardi 29 décembre 2015

Challenge ABC 2016

Malgré une vie plus rythmée et un temps restreint pour les lectures contraintes, je n'avais pas envie d'abandonner le challenge ABC cette année, après quatre participations consécutives depuis l'année 2012. Son organisatrice de choc et sa convivialité m'ont donné envie de remettre le couvert avec un demi-challenge, que j'ai décidé d'orienter sur les suites de séries, afin de me motiver à avancer dans mes sagas en cours.
Pour rappel, le challenge ABC "de base" consiste à lire 26 titres, avec 26 auteurs dont le nom commence chacun par une des lettres de l'alphabet, tout en mariant les styles et en lisant au minimum 5000 pages.


Voici donc les 13 titres que j'ai choisis pour mon demi-challenge :

B – BOTTERO Pierre, Le Pacte des Marchombres, tome 2 : Ellana l’envol, 474 p., Fantasy (PAL). Mon avis
D – DIXEN Victor, Phobos tome 2, 489 p., SF. Mon avis
E – ENGEL Amy, The revolution of Ivy, 321 p., SF / Romance (PAL). Mon avis
G – GAY, Olivier, Le noir est ma couleur, tome 5 : Le piège, 288 p., Fantastique/Romance. Mon avis.
H – HELIOT Johan, C.I.E.L tome 3 : L’été de la révolte, 232 p., SF. Mon avis
J – JOMAIN Sophie, Les Etoiles de Noss Head tome 3 : Accomplissement, 443 p., Fantastique/Romance (PAL). Mon avis
L – L’HOMME Erik, A comme association, tome 5 : Là où les mots n’existent pas, 206 p., Fantastique (PAL). Mon avis.
M – MONING Karen Marie, Les chroniques de Dani Mega O’Malley, tome 2 : Burned, 484 p. (à paraître), Urban fantasy. Mon avis
O – OLIVER Lauren, Delirium tome 3, 413 p., SF / Romance (PAL). Mon avis.
Q – QUINN Kate, Les Borgia, tome 2 : La concubine du Vatican, 509 p., Historique. Mon avis
S – STOHL Margaret et GARCIA Kami, Chroniques des enchanteurs, tome 3 : 18 lunes, 570 p., Fantastique / romance (PAL) Annulé et remplacé par
R    RIGGS Ransom, Miss Peregrine et les enfants particuliers, tome 3 : La bibliothèque des âmes, 587 p., Fantastique Mon avis
W – WINNACKER Susanne, Imposteur tome 1, 341 p., Fantastique (PAL). Mon avis
Y – YANCEY Rick, La 5e Vague, tome 3, 418 p., SF. Mon avis

Rendez-vous le premier janvier !
Je ferai ci-dessous le suivi de mon avancée dans le challenge

Livres lus : 13/13
Terminé le 23/12/2016
Stellabloggeuse

lundi 28 décembre 2015

Mes 10 livres préférés en 2015 (et quelques bonus)

Vous savez que j'aime bien faire des listes, voici celle que je préfère entre toutes : celle de mes meilleures lectures de l'année !


Les coups de coeur


 


1) La passe-miroir, tome 2, de Christelle Dabos : Les disparus du Clairdelune
2) E-Den, d'Elodie Tirel : tome 2 et tome 3
3) Eleanor et Park, de Rainbow Rowell
4) Soeurs sorcières, tome 3, de Jessica Spotswood


J'ai adoré



5) Night School, tome 5, de CJ Daugherty : Fin de partie
6) A comme association, tome 4, de Pierre Bottero : Le subtil parfum du soufre


J'ai été emportée




7) Le noir est ma couleur, d'Olivier Gay : tome 2, tome 3, tome 4
8) Les Borgia, tome 1, de Kate Quinn : Le serpent et la perle
9) Les mondes de l'alliance, de David Moitet : tome 1, tome 2, tome 3
10) Et je danse aussi, d'Anne Laure Bondoux et Jean Claude Mourlevat


Mais aussi, en bonus





Dysfonctionnelle, d'Axl Cendres
Un tout petit rien, de Camille Anseaume
Miss Peregrine et les enfants particuliers, tome 2, de Ransom Riggs : Hollow City
La symphonie des abysses, tome 2, de Carina Rozenfeld
Phobos, tome 1, de Victor Dixen

Et vous ? 
Quelles ont été vos lectures favorites en 2015 ?

Stellabloggeuse


mercredi 23 décembre 2015

Les 100, tome 2, de Kass Morgan : Le 21e jour


*Attention il s’agit du second tome d’une série, présence de spoilers sur le tome précédent*

Entamé par curiosité après mon visionnage des deux premières saisons de l’adaptation télévisuelle, le premier tome des "100" de Kass Morgan a plutôt été une bonne surprise. Malgré des personnages plus lisses et un peu moins de profondeur, on y découvrait d’autres aspects de l’histoire, et notamment la vie à bord de la station spatiale. Le tome 2 se place-t-il dans la même lignée ?

Résumé

Les 100 ont découvert une Terre plutôt accueillante, qui pourrait bien accueillir de nouveau la vie et sauver la population de la station spatiale. Malheureusement, ils ne sont pas seuls, et se retrouvent aux prises avec des natifs de la Terre pour le moins hostiles… Pendant ce temps, à bord de la station spatiale, la panique règne : les capsules de sauvetage ne pourront pas accueillir tous les habitants. Luke et Glass parviendront-ils à commencer une nouvelle vie sur Terre.

Un tome de transition

A mon sens, ce roman a le défaut récurrent des seconds tomes dans les trilogies : celui d’être devenu un tome de transition, entre un premier tome qui pose le cadre et un troisième basé sur l’action. On trouve donc des longueurs dans ce tome, même si l’alternance de points de vue permet de limiter les dégâts, et que de nouveaux éléments permettent de relancer l’intrigue dans le dernier tiers.

Un tome trop manichéen

Autre bémol, plus important à mes yeux : j’ai trouvé ce tome encore plus manichéen que le précédent. Les fréquentes et trop rapides volte-face des personnages ont également eu tendance à m’agacer et à nuire à la crédibilité de leurs caractères.

Les personnages

Comme évoqué précédemment, les personnages dans leur ensemble sont trop lisses à mon goût, et trop nettement partagés entre les bons et les méchants, même si les personnages principaux (Clarke, Wells, Glass), ont tous leur part d’ombre et de regrets. Mais surtout, ils passent trop vite de la colère au pardon et à l’acceptation.

L'écriture

Quant à l’écriture, les remarques sont les mêmes que pour le tome précédent : un style plutôt pauvre mais efficace, et trop de coquilles (un peu moins tout de même).

En quelques mots…

Ainsi, ce second tome s’avère plutôt décevant par rapport au précédent, car il comporte des longueurs et que la personnalité des personnages n’est pas assez travaillée et cohérente. Cela reste néanmoins un bon divertissement, et l’on a toujours envie de connaître le fin mot de l’histoire. Plaira principalement aux adolescents, à partir de 14 ans.

Note : 3/5

Stellabloggeuse

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« Clarke serre la montre si fermement qu'elle n'en sent plus sa paume. Elle garde les yeux rivés sur l'aiguille des minutes, mais celle-ci, bien sûr, ne bouge pas. La pile ne fonctionne plus depuis de longues années déjà. Lorsque Clarke avait demandé à son père pourquoi il la portait, il lui avait dit: "Sa fonction n'est plus de donner l'heure. Elle sert à nous rappeler de notre passé et toutes les choses qui nous sont sacrées. Elle a beau ne plus faire tic tac, elle porte néanmoins en elle la mémoire de toutes ces vies qu'elle a rythmées. Elle vibre de l'écho de millions de battements de coeur. » »
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Ce roman fait partie du challenge :

Challenge 100% R : 29e lecture 

dimanche 20 décembre 2015

La gloire de mon père et Le château de ma mère, de Marcel Pagnol : souvenirs de Provence

[Editions Pastorelly, 1958]

Ces dernières semaines, mon travail de bibliothécaire m’a, à l’occasion d’une animation, permis un plaisir rare : celui de relire. En effet, les livres nouveaux s’amoncelant devant moi, je ne relis presque jamais un titre déjà lu. Bref, j’ai eu l’occasion et le plaisir de redécouvrir Marcel Pagnol avec les deux premiers volets de ses « Souvenirs d’enfance ».

Résumé

Après avoir connu le succès avec ses romans, ses pièces de théâtre et de ses adaptations cinématographiques, Marcel Pagnol se lance à la fin des années 1950 le défi de se raconter lui-même : dans La Gloire de mon père, il nous raconte son premier été dans la maison de campagne familiale aux Bellons, alors qu’il va sur ses neuf ans. « Le château de ma mère » en est le prolongement direct, puisqu’il nous raconte la fin de l’été et l’année qui suivit.

Tendresse et nostalgie

J’apprécie en général de lire les souvenirs d’enfance des auteurs, portrait d’un monde que nous n’avons pas connu, souvent empreints de nostalgie et de tendresse. J’avais ainsi beaucoup aimé « La charrette bleue » de René Barjavel. Les souvenirs de Pagnol sont tous aussi bien racontés, les bons comme les mauvais, avec humour et une pointe de regrets. L’auteur fait la part belle à la nature, à l’occasion des parties de chasse et des trajets à pieds vers les Bellons, et l’on prend plaisir à découvrir cette Provence.

La famille, l’amitié et les bêtises

Autre point central de ces souvenirs, la famille Pagnol, entre un père instituteur, une mère ancienne couturière, l’oncle Jules et la tante Rose, l’espiègle petit frère Paul et la petite sœur récemment née. C’est une famille soudée et aimante, et ses liens avec sa mère sont particulièrement forts. Ces souvenirs d’enfance sont également illuminés par l’amitié naissante et très touchante entre Marcel et le jeune Lili. Pagnol nous raconte la chasse, les indiens Comanche, les jeux cruels avec les insectes, les fugues avortées. Il en ressort beaucoup de fraîcheur et une belle naïveté.

Les personnages

Le jeune Marcel Pagnol est un garçon attachant, toujours partant pour l’aventure, à l’écoute de la nature qui l’entoure, aimant avec sa famille. Son père, instituteur laïc et anticlérical et son oncle, catholique, forment un duo assez savoureux. Lili est également très touchant avec son amitié tout en retenue, un peu bourrue et un peu masquée, jamais prononcée à voix haute, mais pourtant évidente.

L’écriture

Enfin, en ce qui concerne le style, il est agréable, littéraire. Il nous plonge immédiatement dans le passé, dans l’époque qui nous est contée.

En quelques mots…

Ainsi, j’ai apprécié cette relecture avec mon vécu de grande personne, qui me permet de mieux appréhender les enjeux de ces souvenirs d’enfance, de cette enfance qu’il faut apprécier car elle s’en va toujours trop vite. On crapahute avec plaisir dans la Provence des années 1900 en compagnie du jeune Marcel.

Note : 3,5/5

Stellabloggeuse
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« L'âge de mon père, c'était vingt-cinq ans de plus que moi, et ça n'a jamais changé. L'âge d'Augustine, c'était le mien, parce que ma mère, c'était moi, et je pensais, dans mon enfance, que nous étions nés le même jour. »

« Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d'inoubliables chagrins. Il n'est pas nécessaire de le dire aux enfants. »


« Mais dans mon pays de Provence, la pinède et l'oliveraie ne jaunissent que pour mourir, et les premières pluies de septembre, qui lavent à neuf le vert des ramures, ressuscitent le mois d'avril. Sur les plateaux de la garrigue, le thym, le romarin, le cade et le kermès gardent leurs feuilles éternelles autour de l'aspic toujours bleu, et c'est en silence au fond des vallons, que l'automne furtif se glisse: il profite d'une pluie nocturne pour jaunir la petite vigne, ou quatre pêchers que l'on croit malades, et pour mieux cacher sa venue il fait rougir les naïves arbouses qui l'ont toujours pris pour le printemps. C'est ainsi que les jours des vacances toujours semblables à eux-mêmes, ne faisaient pas avancer le temps, et l'été déjà mort n'avait pas une ride. »

mercredi 16 décembre 2015

Le cœur cousu, de Carole Martinez : une histoire de femmes

[Gallimard, 2007]

Carole Martinez apparaît aujourd’hui comme une valeur sûre de la littérature contemporaine. J’étais curieuse de la découvrir, et surtout son premier roman « Le cœur cousu », lauréat du Festival du Premier roman de Chambéry qui, vous le savez, est cher à mon cœur.

Résumé

Héritière des secrets de sa famille et dépositaire d’un coffret qui lui a offert un nécessaire à écrire, Soledad nous livre l’histoire de sa mère Frasquita et de son don. Elle nous raconte ses frères et sœurs, tous frappés d’un don comme on l’est d’une malédiction. Cette histoire est celle de leur errance, dans une Espagne d’une autre âge, sous un soleil de plomb…

Un conte moderne qui a du sens

Ce roman a tout du conte moderne. Le merveilleux est partout, dans les personnages, dans un fil qu’on tisse, dans un coq qui combat, une ombre qui s’échappe, des prières murmurées dans le noir. Mais ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est que c’est un conte qui a un but, un sens profond. Carole Martinez nous parle des femmes, cantonnées à la sphère domestique et qui se sont créé un passage vers l’autre monde, celui des choses obscures et inquiétantes. Elles le maîtrisent et en sont les passeurs. Frasquita est une femme bafouée, vendue pour un combat de coq, mais elle est capable de réparer les maux que personne ne comprend. Quelques longueurs sont peut-être à regretter, mais ce sera mon seul véritable bémol.

Les personnages

Les personnages de ce roman sont uniques, chacun a sa marque et sa place. Frasquita et ses fils de couleurs, son don pour transformer la réalité par la couture, Anita la conteuse, Angela l’oiseau chanteur, Pedro el Rojo, Martirio la messagère de madame la mort, la solaire Clara, et Soledad pour écrire leur histoires et mettre un terme au cycle infernal des secrets. Une galerie très réussie, rehaussée de personnages secondaires tout aussi bien écrits.

L’écriture

Quant à l’écriture, il y a un vrai style. Ce n’est pas seulement un roman, c’est de la littérature, assez exigeante, avec des phrases développées, des métaphores, des sous-entendus. La lecture doit être attentive si on ne veut rien rater, et c’est tant mieux.

En quelques mots…

Ainsi, Carole Martinez nous propose une histoire de femmes, marquées par des croyances qui n'ont jamais été écrites mais que l'on se transmet de mère en fille les nuits de pleine lune. Le merveilleux et l'étrange sont partout, ils sortent les femmes de leurs foyers pour en faire des passeurs vers un monde obscur et inquiétant. C'est un véritable conte initiatique, dans la chaleur de l'Espagne des temps passés. Merci à Géraldine pour la découverte!

Note : 3,5/5
Stellabloggeuse
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« Par-delà le monde restreint de leur foyer, les femmes en ont surpris un autre. Les petites portes des fourneaux, les bassines de bois, les trous des puits, les vieux citrons se sont ouverts sur un univers fabuleux qu’elles seules ont exploré. Opposant à la réalité une résistance têtue, nos mères ont fini par courber la surface du monde du fond de leur cuisine. Ce qui n’a jamais été écrit est féminin. »
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Ce roman fait partie du challenge :

Challenge New Pal 2015 : 16/75

dimanche 13 décembre 2015

Les 100, tome 1, de Kass Morgan : 100 adolescents sur une Terre post-apocalyptique


Une fois n’est pas coutume, concernant « Les 100 » de Kass Morgan, j’en suis venue à découvrir le roman après le visionnage de la série TV, qui m’a bien plue malgré son côté teenager très affirmé. Titillée par la curiosité sur les éventuelles différences entre les deux univers, j’ai donc ouvert le livre !

Résumé

Après une guerre nucléaire qui a ravagé la surface de la Terre, les humains rescapés ont été forcés de quitter la planète pour survivre, et de trouver refuge au sein d’une station spatiale. Mais plusieurs siècles après les événements, l’oxygène vient à manquer, et un retour sur Terre devient inévitable. Cent jeunes prisonniers, qui attendent une révision de leur jugement à l’occasion de leurs 18 ans, vont donc être envoyés sur Terre en guise de cobayes.

Des différences majeures avec la série télévisée

Première bonne surprise, l’univers du roman est assez éloigné de celui de la série télévisée : certains personnages ne sont pas présents, d’autres sont ajoutés, et l’intrigue elle-même est différente, même si la trame générale est à peu près la même. Cela permet de conserver une part de surprise, que l’on commence par l’un ou par l’autre. Pour ma part, mon visionnage de la série m’a permis de nourrir l’univers proposé par le roman.

Un page-turner

Dans l’ensemble, j’ai donc apprécié cette autre version de l’histoire. Grâce au personnage de Glass, qui ne figure pas dans la série, la vie sur la station spatiale est davantage fouillée, notamment en ce qui concerne son système politique, et les inégalités criantes qui y règnent. Le roman en lui-même est un page turner, cette impression étant renforcée par l’alternance régulière des points de vue, qui fonctionne bien. Cela manque peut-être un peu de profondeur, et reste assez manichéen, défauts qui ont été gommés dans la série.

Les personnages

Les personnages sont très différents de ceux que j’avais découverts dans la série, plus lisses, moins nuancés, sauf peut-être en ce qui concerne Clarke. Dans le livre, Bellamy est un personnage assez doux, que j’ai pris plaisir à redécouvrir, même si son désir de protéger sa sœur reste son fil conducteur. Wells est ambivalent, tantôt généreux et protecteur, tantôt d’un égoïsme inimaginable. Enfin j’ai bien aimé Glass, convaincante en amoureuse éperdue confrontée avec des choix impossibles.

L’écriture

En revanche, ce roman ne brille pas par son style, qui est à peu près au niveau zéro de la littérature, même si on évite les familiarités excessives. Les passages narrés au présent ne sont pas ma tasse de thé, sans parler des innombrables coquilles et inversions de personnages qui ne sont pas dignes d’une grande maison d’édition.

En quelques mots…

Ainsi, j’ai aimé redécouvrir complètement cet univers post-apocalyptique et les personnages de l’histoire. L’intrigue se tient et garde le lecteur en haleine, même si on aimerait parfois un peu plus de profondeur. En revanche le style est un peu pauvre. A découvrir ou redécouvrir, pour des adolescents à partir de 14 ans.

Note : 3,5/5
Stellabloggeuse
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​"Sur Walden, ils avaient l'habitude de blaguer sur le fait que boire l'eau de la station, recyclée en boucle depuis des générations, revenait à boire la pisse de ses grands-parents. Maintenant il comprend mieux que des siècles de retraitement, de filtration et de purification ont réduit le liquide à sa plus simple expression : rien de plus qu'un assemblage de molécules d'hydrogène et d'oxygène. Il se baisse pour reprendre une gorgée. S'il devait décrire la saveur de cette eau, il dirait volontiers qu'elle est le parfait mélange du goût de la Terre et de celui du ciel. Et si quelqu'un a le malheur de se moquer de lui, il lui cassera la gueule"

"Dans la lumière rose pastel de l'aube, Bellamy pourrait presque réussir à croire que les horreurs de ces dernières heures n'ont été qu'un mauvais rêve. Les flammes se sont éteintes depuis longtemps déjà, et bien que l'herbe soit presque partout brûlée, le sol est resté humide. N'ayant pas atteint les arbres, le feu a épargné leurs fleurs délicates, ignorant tout de la tragédie qui s'est jouée sous leurs pétales. Bellamy sait que c'est comme ça que fonctionne le chagrin : il serait vain d'attendre que les autres le partagent, à chacun de porter sa propre peine en soi."
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Ce roman fait partie du challenge :

Challenge 100% R : 28e lecture

mercredi 9 décembre 2015

Le Livre des Baltimore, de Joël Dicker : une histoire de famille et de destins brisés

[Editions de Fallois, 2015]

En 2013, j’avais beaucoup aimé « La vérité sur l’affaire Harry Québert », second roman de Joël Dicker, distingué notamment par le prix Goncourt des lycéens, auquel je me fie volontiers (sauf pour le « Charlotte » de Foenkinos qui avait été une douche froide – bref). J’étais donc avide de découvrir son nouveau roman et de retrouver le personnage de Marcus Goldman.

Résumé

Après le succès et l’adaptation au cinéma de ses précédents romans, Marcus Goldman s’installe pour quelques temps en Floride, non loin de la maison où son Oncle Saul a passé les dernières années de son existence. Et lorsqu’il croise par hasard son grand amour de jeunesse, et les souvenirs affluent. Il commence alors à reconstituer ses souvenirs de cette branche de la famille, ces Goldman de Baltimore à qui il a toujours voué une admiration sans borne et qui ont pourtant été frappés de plein fouet par le Drame…

Un narrateur qui se répète

J’avoue avoir été un peu déçue par ce nouveau roman. Autant l’intrigue de « La vérité sur l’Affaire Harry Québert » était brillamment menée, autant j’ai trouvé ici que Joël Dicker se répétait beaucoup. En effet, il revient très régulièrement sur le fossé social entre les deux parties de la famille, sur la richesse des Baltimore, ou sur le côté athlétique de Woody. Cela s’explique bien sûr par les obsessions du narrateur pour ces points en particuliers, mais cela m’a un peu lassée à la longue. Pour finir, l’histoire d’amour ne m’a pas vraiment convaincue, tout comme ce fut le cas dans le précédent roman.

Une intrigue familiale émouvante

Néanmoins, malgré ces bémols, j’ai été happée et émue par l’intrigue familiale, par l’amitié de ces trois cousins et la cruauté de non-dits et des malentendus qui ont séparé cette famille. En effet, l'auteur nous offre cette fois-ci non plus un roman teinté de policier, mais une véritable saga familiale qu'il reconstitue peu à peu. Il parvient à faire durer le suspense concernant le nœud de son intrigue, son point central, ce fameux Drame qui hante le narrateur. Enfin, le roman donne en quelque sorte une leçon de vie, consistant à cesser d’observer et d’envier les autres, de vivre pleinement sa vie, et de profiter pleinement de l’amour et de l’amitié, seules véritables richesses, seules véritables réussites…

Les personnages

Marcus Goldman est fidèle à lui-même, c’est-à-dire égocentrique, très occupé à se regarder le nombril, mais attachant de par sa naïveté, son innocence. J’ai apprécié l’Oncle Saul, sa générosité, sa lucidité sur ses erreurs passées et présentes, sa sagesse chèrement acquise. Les cousins de Marcus Woody et Hillel, forment un tandem à la fois irrésistible et émouvant, soudé et torturé. En revanche, je ne me suis pas vraiment attachée à Alexandra, j’ai eu du mal à la cerner, comme ce fut le cas avec Nora dans le précédent roman.

L’écriture

En ce qui concerne le style, il est agréable, sans qualité littéraire particulièrement notable, mais honnête. La lecture est fluide, les personnages se tiennent, les descriptions sont suffisantes, et le tout est relevé d'une pointe d'humour.

En quelques mots…

Ainsi, ce nouveau roman est clairement moins bon que le précédent, avec une intrigue qui tourne un peu en rond, plus brouillonne, même si le suspense est tenu. L’histoire d’amour ne m’a pas convaincue, mais j’ai été touchée par cette histoire de famille et par les personnages. A lire, mais ne vous attendez pas à un chef-d’œuvre, sous peine d’être déçu.

Note : 3,5/5
Stellabloggeuse
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« -Allons, ne soyez pas triste, mon petit Goldman. Dans vingt ans les gens ne liront plus. C’est comme ça. Ils seront trop occupés, à faire les zozos sur leurs téléphones portables. Vous savez, Goldman, l’édition c’est fini. Les enfants de vos enfants regarderont les livres avec la même curiosité que nous regardons les hiéroglyphes des pharaons. Ils vous diront : « Grand-père, à quoi servaient les livres ? » et vous leur répondrez : « A rêver. Ou à couper des arbres, je ne sais plus. » ».


« Beaucoup d'entre nous cherchons à donner un sens à nos vies, mais nos vies n'ont de sens que si nous sommes capables d'accomplir ces trois destinées : aimer, être aimer et savoir pardonner. Le reste n'est que du temps perdu. »